Communiqué de clôture: Rendez-vous gagnant pour le cinéma palestinien

Avec une hausse de 13% de sa fréquentation, la 5ème édition des Rencontres cinématographiques PALESTINE: FILMER C’EST EXISTER (PFC’E) – qui s’est déroulée du 24 au 27 novembre à Genève, puis le 28 au cinéma Oblò à Lausanne et le 29 à l’IHEID – a rencontré un franc succès.

Quelque 17 films projetés, 9 invités impliqués et 3 débats passionnés ont attiré plus de 1’300 spectateurs dans la chaleureuse salle du cinéma Spoutnik et à l’IHEID à Genève, ainsi qu’au cinéma Oblò, de Lausanne. PFC’E se réjouit de son partenariat avec l’Oblò, qui se prolongera en janvier, puisque l’acteur-réalisateur palestinien Mohammed Bakri a offert une projection de  » Depuis que tu n’es plus là » au public et au cinéma.

Une plus grande présence de jeunes spectateurs parmi le public, des débats émotionnellement forts, et des discussions post-projections largement suivies… Grâce aux efforts de tous, et notamment ceux des nombreux bénévoles qui ont participé au sous-titrage en français des films ou à la campagne d’affichage, ainsi qu’à la présence accrue de PFC’E sur les réseaux sociaux et dans les médias, le public romand a pu découvrir un cinéma palestinien puissant, tantôt original ou poétique, souvent dur.

La question « Identité et mémoire », soulevée par nos invités « Palestiniens de 48″ et qui constituait le fil rouge de cette édition, a été particulièrement explorée: à travers des documentaires, des fictions et un débat, les spectateurs ont pu saisir l’importance de l’identité palestinienne de ceux qu’on appelle les “arabes israéliens”, et dont l’histoire palestinienne, la Nakba, est niée au profit du récit officiel de la création de l’Etat d’Israël.

Les quatre projections-discussions consacrées à Mohammed Bakri, et notamment celles liées à son film  » Jenin, Jenin » au Spoutnik et à l’Oblò, ont permis au public romand de mesurer l’effroyable acharnement des autorités politiques et militaires pour censurer ce film en Israël. En ce sens, PFC’E a publié un communiqué de soutien à cet immense artiste face à la pression judiciaire dont il est la cible depuis la sortie de son film, en 2003. Une pétition en ligne vient d’être lancée sur le réseau Avaaz.

Autre temps fort de cette 5ème édition, la soirée Gaza, avec la présence pour la première fois de trois cinéastes gazaouis, dont deux qui ont réussi à braver le blocus de Gaza. PFC’E déplore cependant l’absence de la jeune réalisatrice Areej Abu Eid qui, comme les invité-e-s gazaouis des précédentes éditions, n’a pas pu nous rejoindre à cause des blocages administratifs imposés par le gouvernement israélien.

A noter le succès (plus de 300 spectateurs) rencontré par la projection du film « 3000 Nuits », de la cinéaste palestinienne Mai Masri, à l’IHEID, suivie d’un débat avec Manon Schick, directrice d’Amnesty International Suisse, et Soha Bechara, auteure et ancienne détenue dans la prison israélienne de Khiam au Sud-Liban, sur la situation des prisonnières et prisonniers palestiniens en Israël des années 70 à nos jours.

Rendez-vous incontournable de PFC’E, la table ronde a vu débattre cinq invitéEs palestinienNEs et le cinéaste suisse Raff Fluri, autour de l’appel des artistes palestinienNEs au boycott culturel contre la politique israélienne. Si le boycott vise les institutions liées à l’État israélien et non les artistes eux-mêmes, le cinéaste Alaa Ashkar a estimé que le boycott est surtout un outil de la société civile internationale pour faire pression sur le gouvernement israélien.

PFC’E vous donne d’ores et déjà rendez-vous en 2017, du jeudi 23 au dimanche 26 novembre.

L’équipe de PFC’E

Genève, le 4 décembre 2016


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