Francis Reusser

Il n’est pas besoin de présenter à un public cinéphile le cinéaste suisse Francis Reusser, connu pour avoir réalisé de nombreux films, qui lui ont valu un Léopard d’or à Locarno en 1976 (Le Grand Soir), un César du meilleur film francophone en 1981 (Derborence) et le Grand Prix de la Fondation vaudoise pour la Culture en 2019. Il nous a quittés en avril dernier et plusieurs hommages lui ont été rendus, dont celui de Jean-Luc Godard, François Albera, avec qui Francis Reusser fonde la section cinéma de l’Ecole supérieure d’Arts visuel (ESAV) de Genève, ancêtre de la HEAD, et celui de Frédéric Maire de la Cinémathèque suisse :

«La Cinémathèque suisse perd un ami, et un des cinéastes les plus importants issus de la terre romande. (…) Politiquement très engagé, il est de tous les combats sociaux et culturels, signant plusieurs ciné-tracts à partir de 1968. Sa carrière de cinéaste commence en 1964. (…)

« Passé le cap du Grand Soir… à se frotter au bleu-marine des lacs et aux altitudes, je découvre avec modestie que si rien n’a changé pour l’essentiel de nos espoirs et de nos rébellions, tout par contre peut-être pensé et fait autrement, films y compris ». F. Reusser

(…) En 2003, il revient sur ses années de militance dans Les printemps de notre vie (2003), où il retrouve les amis et les témoins du temps des projets collectifs, du militantisme et des utopies, mettant à l’épreuve les repères d’un imaginaire collectif éprouvé par le temps. (…) Son dernier film, La séparation des traces (2018) est un essai autobiographique amer et amusé qui donne envie de revoir toute son œuvre.

(…) Il a été sans conteste l’un des témoins critique de la fin du siècle dernier et du début de celui-ci en Suisse, sans jamais oublier à la fois d’aimer râler, d’aimer filmer et d’aimer la vie. Salut Francis, tu vas nous manquer terriblement. »

PALESTINE, FILMER C’EST EXISTER tient aussi à rendre hommage à Francis Reusser et se réjouit de pouvoir faire redécouvrir son regard sur la Palestine et le peuple palestinien, en projetant Biladi. une révolution (1970) et La Terre promise (2014).

En 2012, nous avions choisi de réunir dans le programme de cette 1ère édition Biladi, une révolution et Ici et Ailleurs (1974) de Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville. Après la projection de Biladi, les cinéastes palestinien.ne.s présent.e.s avaient exprimé leur surprise et enthousiasme à Francis Reusser, Jean-Pierre Garnier et Armand Deriaz, les trois protagonistes de cette aventure cinématographique et politique. Qu’est-ce qui avait poussé des Suisses à tourner un film dans les camps de réfugiés de Jordanie en 1970? Ils n’en revenaient pas. Ils venaient de découvrir un document exceptionnel pour la mémoire du peuple palestinien.

Avec La terre promise, Francis Reusser est retourné en Palestine plus de 40 ans plus tard, pour suivre avec sa caméra le choeur du collège Saint-Michel afin d’accompagner – et susciter – les découvertes et questions de ces jeunes Fribourgeois.es en terre palestinienne sous occupation militaire.

Pour cette soirée hommage, PFC’E est très heureux d’accueillir Armand Deriaz, complice de l’aventure Biladi, une révolution et Jean Reusser, fils de Francis, monteur de ses films depuis 2007.