Pari gagné !

Le public a été conquis par la richesse et les sensibilités spécifiques des films des réalisatrices palestiniennes

Genève, le 12 décembre 2019 – La 8ème édition des Rencontres cinématographiques PALESTINE: FILMER C’EST EXISTER (PFC’E) s’est déroulée du 5 au 10 décembre au Grütli, à Genève. Le public s’est déplacé nombreux pour voir les films de nos cinq invitées Buthina Canaan Khoury, Mariam Shahin, Ghada Terawi, Zeina Ramadan et Shayma Awawdeh et discuter des spécificités du travail cinématographique des cinéastes palestiniennes lors de moments de rencontre.

Féminicides, mariages forcés, témoignages d’ex-prisonnières, critique de l’aide internationale, combat des paysan-ne-s contre l’agrobusiness israélien, ou encore force des traditions artistiques (musique, broderie) et réflexion sur la mémoire, les films des cinéastes palestiniennes font non seulement écho aux luttes d’un peuple, mais également aux luttes d’émancipation des femmes contre le patriarcat.

Conquis, un public nombreux a assisté aux 26 séances et à la table ronde organisées aux Cinémas du Grütli et à Fonction Cinéma. Cette édition 2019 enregistre une augmentation de la fréquentation de 12% par rapport à 2018. Et au cinéma ABC à La Chaux-de-Fonds, les 5 séances de projection ont accueilli 160 spectateurs-trices.

Par exemple, vendredi soir, les films de Mariam Shahin, « Donor opium » et « Seed Queen of Palestine » ont fait salle comble. Lors du débat qui a suivi sur la souveraineté alimentaire, organisé avec le CETIM, le public a pu débattre avec la réalisatrice et Philippe Sauvin, syndicaliste des travailleurs-euses agricoles, des nombreux enjeux autour de la réappropriation des semences traditionnelles par les paysans palestiniens.

Dimanche, la table ronde, avec toutes nos invitées et Palmyre Badinier productrice suisse, a été l’occasion de découvrir ce qui fait la particularité du métier de réalisatrice en Palestine et les difficultés rencontrées par nos invitées par rapport à leurs consoeurs suisses. Stéphane Mitchell, scénariste et animatrice de la table ronde, a apporté l’expérience de SWAN-Réseau suisse des femmes de l’audiovisuel.

Enfin, l’hommage à Jocelyne Saab, reporter-cinéaste libanaise décédée en janvier dernier, a également été un grand succès. Un des 5 films projetés « Les femmes palestiniennes », censuré par FR3 en 1974, était montré à un public seulement pour la deuxième fois. Mathilde Rouxel, auteure de « Jocelyne Saab, la mémoire indomptée » (2015) et assistante de Jocelyne Saab durant les sept dernières années de sa vie, a répondu aux nombreuses questions du public, mettant en évidence sa radicalité, son style narratif et le regard porté sur le peuple palestinien.

Tout au long des six jours des Rencontres, les spectatrices et spectateurs ont souvent poursuivi les discussions avec les cinq réalisatrices palestiniennes présentes, autour d’une des tables du bar, intérêt et attention chaleureuse que nos invitées ont beaucoup appréciés. 

Depuis sa création, PFC’E existe grâce à l’engagement des membres du comité et des nombreux-euses bénévoles qui participent à la traduction et au sous-titrage des films (21 cette année!) ou encore à l’affichage et la diffusion du programme et à l’accueil des cinéastes palestinien.ne.s invité.e.s à Genève. Leur travail a été salué lors de la soirée d’inauguration jeudi soir, devant un large public et en présence de nombreux donateurs et partenaires associatifs.

A l’année prochaine, avec une nouvelle thématique pour les Rencontres cinématographiques PALESTINE : FILMER C’EST EXISTER 2020 !

A très bientôt

Le comité d’organisation