Palestine, confinement depuis 72 ans

La 9ème édition des Rencontres cinématographiques PALESTINE: FILMER C’EST EXISTER – PFC’E aura lieu du 4 au 8 décembre 2020, aux Cinémas du Grütli et au Spoutnik.

Nous devons nous re-confiner, les cinémas sont fermés jusqu’au 29 novembre, c’est le seul moyen pour arrêter la transmission du virus. Il s’est invité dans nos vies, mais ne doit pas nous empêcher de vivre ! Grâce à la solidarité collective, nous avons l’espoir que les salles rouvriront le 1er décembre.

Les projections et les rencontres avec les cinéastes palestinien·ne·s sont donc maintenues, sous réserve de la prolongation des mesures sanitaires actuelles. Les cinéastes Mahdi Fleifel, Kamal Aljafari, Tamara Abu Laban et Nidal Badarny seront à Genève pour cette 9ème édition.

PALESTINE : FILMER C’EST EXISTER – PFC’E a choisi depuis sa première édition de mettre l’accent sur les rencontres avec les cinéastes palestinien.ne.s. Nous pensons qu’il est important de garder cet esprit et de donner un espace à l’échange réel.

PALESTINE, CONFINEMENT DEPUIS 72 ANS

Les mesures sanitaires temporaires prises en Suisse, telles que la limitation des réunions privées, la fermeture des lieux culturels et des écoles, l’impossibilité de dire au revoir aux êtres chers,… ont affecté chacun·e de nous. Ces privations nous permettent-elles de prendre conscience de celles subies par la population palestinienne depuis 1948 ?

Dans cette 9ème édition de PFC’E, neuf cinéastes palestinien·ne·s et trois ‘regards d’ailleurs’ aborderont le thème de ‘la résistance à l’enfermement’. Leur travail cinématographique nous emmènera à Hébron, à Jénin, en passant par Bethléhem et le camp de Dheisheh, dans le village de Arrabeh, à Jaffa et Ramle, israéliens depuis 1948, dans des camps au Liban, mais aussi en Grèce, à Cuba et au Danemark… tous ces lieux où des Palestinien·ne·s résistent, pour continuer à exister. Leurs caméras captent l’humour, l’ironie et l’autodérision ; autant de renforts de l’expression de cette résistance.

Comme celle qui animait les jeunes de Dheisheh en 1988 pour faire tomber la barrière de quatre mètres qui enfermait le camp « si haute qu’elle les isolait même du soleil » , décrit par la réalisatrice Tamara Abu Laban dans Behind the Fence. « Nous parlons d’une culture de résistance », expliquent aussi les actrices et acteurs du Freedom Theatre de Jénin à Jaime Villarreal, cinéaste chilien, qui les suit jusqu’à New-York dans The Journey of the Others. De l’autre côté du Mur, les jeunes comédien.ne.s filmé.e.s par Nidal Badarny dans Waiting for Faraj Allah montent sur scène pour parler de leurs conditions de vie et leurs rêves comme Palestiniens en Israël.

La mémoire au coeur des films de Mahdi Fleifel et Kamal Aljafari.

Plusieurs cinéastes palestinien.ne.s touchent à la mémoire, recherche presque obsessionnelle quand l’identité est menacée de disparition.

Mahdi Fleifel : «Oublier, pour nous Palestiniennes et Palestiniens, signifierait simplement cesser d’exister. Notre combat à travers l’Histoire, aujourd’hui encore, c’est d’être visible». PFC’E lui consacre un focus, avec six des ses films, dont A World not Ours, projeté en ouverture des Rencontres. Le réalisateur palestinien accroche sa caméra au regard de ses amis d’enfance du camp de réfugiés d’Ain el-Helweh au Liban et les retrouve dans chacune de leurs tentatives de se fabriquer une vie meilleure.

Autre invité phare de cette édition, Kamal Aljafari s’inspire de la Nouvelle Vague pour reconstruire la mémoire palestinienne à travers des œuvres expérimentales. Sa démarche déroute : ses images ne sont pas vraiment les siennes, il les dérobe à d’autres films – israéliens le plus souvent – pour mieux les détourner, les re-signifier, des « actes de justice cinématographique contre l’occupation cinématographique israélienne » explique Kamal Aljafari, occupation qui détruit, efface la Palestine et les Palestinien·ne·s. Il animera une masterclass à la HEAD-cinéma.

Cette année, PFC’E rend hommage à Francis Reusser, réalisateur suisse qui nous a quittés en avril dernier, avec la projection de deux de ses films, tournés en Palestine. Biladi, une révolution est un document exceptionnel pour la mémoire de la résistance palestinienne.

Rendez-vous le 4 décembre !

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