Projection PORT OF MEMORY de Kamal Aljafari

Cinéma Spoutnik – 4 novembre 2020 dès 19h30

Le confinement ? Rien de nouveau pour les Palestinien.ne.s !
Ce qui a tant bouleversé notre quotidien depuis mars 2020 … la suppression des matchs de foot, l’annulation des festivals de théâtre et de musique, l’impossibilité de participer aux compétitions sportives internationales, se déplacer d’une ville à l’autre, aller à l’étranger, embrasser les êtres chers, et la paralysie de l’économie… les Palestiniens connaissent cela et encore bien pire depuis 72 ans.

Depuis 4 générations, ils.elles vivent l’expulsion de leur terre, de leurs villages, de leurs maisons, les incursions militaires et arrestations brutales, l’effacement de leur culture et de leur Histoire, et sont confiné.e.s-enfermé.e.s dans des camps de réfugiés, en exil, derrière le Mur, dans les prisons sans jugement, dans les queues sans fin de travailleurs en attente d’emploi… toutes ces tentatives du colon et occupant israélien pour non seulement « confiner » mais faire disparaître le peuple palestinien.
Alors… comment tiennent-ils.elles le coup depuis si longtemps ? 
Quel(s) regard(s) les cinéastes palestinien.ne.s portent-ils.elles sur cette résistance au confinement-enfermement, à l’effacement, résistances multiples elles aussi ?


Les Rencontres cinématographiques Palestine: Filmer C’est Exister (PFC’E)
vous proposent de découvrir
PORT OF MEMORY
de Kamal Aljafari
réalisateur palestinien qui a choisi de se confronter à la volonté d’effacement des Palestinien.ne.s et d’explorer les manières de reconstruire la mémoire palestinienne.
Kamal Aljafari sera présent à Genève lors de la 9ème édition de PFC’E (4-8.12.2020.

Cinéma Spoutnik Place des Volontaires 4, 2ème étage.
19h30 Ouverture de la caisse et petite restauration 
20h Projection suivie d’une discussion en vidéoconférence avec le réalisateur


Entrée normal: 12.- AVS, chômage, étudiant.e: 8.-
Dans le respect des mesures sanitaires, merci de venir avec votre masque. Le Spoutnik est accessible aux personnes à mobilité réduite sur rendez-vous.


La démarche cinématographique de Kamal Aljafari, inspirée de la Nouvelle Vague, déroute: ses images ne sont pas vraiment les siennes. Le Palestinien les dérobe à d’autres films – israéliens le plus souvent – pour mieux les détourner, les re-signifier. 

« C’est pour moi un acte politique, je n’ai pas à demander si j’ai le droit ou non de m’en servir. Eux n’ont jamais demandé. Je ne le leur dois rien du tout. D’ailleurs, je ne crois pas que la question du droit à l’image devrait se poser : on devrait pouvoir tout utiliser et réutiliser pour s’exprimer comme on le souhaite. Ce qu’on fait avec les images, ce qu’on veut montrer ne dépend que de nous ».

Pensés par le réalisateur comme « des actes de justice cinématographique… contre l’occupation cinématographique » qui efface, détruit, nie la Palestine et les Palestinien.ne.s, ces films sont autant d’oeuvres inventives, poétiques et politiques à ne pas manquer !

« En Palestine, le documentaire est nécessaire : si on ne capture pas une situation, elle disparaît peu à peu. Je dois évidemment accomplir cette fonction. Ça fait partie de moi. Mais une partie de moi souhaite toujours passer outre la réalité, faire un pas de côté par rapport à elle pour créer quelque chose de plus artistique ». 


Kamal Aljafari est né en 1972 et a grandi à Ramle et Jaffa (en Israël depuis 1948). Il a étudié à l’Université hébraïque à Jérusalem, puis en Allemagne où il obtient le diplôme de l’Académie des arts médiatiques de Cologne et reçoit en 2004 le prix Friedrich-Vordemberge des arts visuels de cette même ville. En 2010, il enseigne le cinéma à la New School à New York. De 2011 à 2013, il est conférencier et directeur de programme à l’Académie allemande du film et de la télévision (DFFB) à Berlin, où il vit encore aujourd’hui.


PORT OF MEMORY
Située au sud de Tel Aviv, Jaffa était la ville arabe la plus importante de Palestine pendant le Mandat britannique. Après la guerre et la création d’Israël en 1948, la plupart de ses maisons ont été évacuées ou détruites et l’ancienne ville a été incorporée dans la municipalité de Tel Aviv. Aujourd’hui, un processus violent a lieu, procédant à la démolition systématique des maisons palestiniennes restantes pour faire place à de nouveaux développements et à des blocs d’appartements. Ses ruelles et maisons ont servi de toile de fond à de nombreux films d’action israéliens et américains durant les années 60′ à 80′. Mais dans ces films nulle présence de ses habitants palestiniens ou de son passé. Ils sont comme effacés.
En s’appropriant ces images préexistantes de films d’action tout en les mêlant à celles de sa famille qui lutte aujourd’hui pour ne pas être expulsée de sa maison, Kamal Aljafari construit un nouveau récit, un contre-récit de la vie à Jaffa quand on est Palestinien.ne.s. de 1948.


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