Mohammed Bakri

Depuis plus de 40 ans, il incarne la Palestine au cinéma et au théâtre. Mohammed Bakri est l’un des rares artistes palestiniens de 48 reconnu en Israël. Il est le premier Palestinien à étudier le théâtre dans une université israélienne (Tel-Aviv). Depuis 1983, il a joué dans de nombreux films avec des cinéastes européens comme Costa-Gravas avec qui il tourne son 1er film Hanna K. ou avec Saverio Costanzo dans Private (2004), qui lui vaut le prix du Meilleur acteur à Locarno. Il travaille aussi avec des réalisateurs israéliens, dont Uri Barbash et Amos Gitaï, et bien sûr avec des cinéastes palestiniens, comme Michel Khleifi avec qui il tourne Le conte des trois diamants (1996) et Zindeeq (2009), Rashid Masharawi, pour L’anniversaire de Leila (2009) et Haïfa (1996), Wajib (2017) avec Annemarie Jacir et tout récemment Upshot (2024) avec Maha Haj.
En 1998, Bakri réalise son premier film, 1948 , un documentaire sur la Nakba. C’est aussi en documentariste qu’il entend raconter le sort des réfugiés palestiniens du camp de Jénine, victimes en avril 2002, de l’incursion israélienne la plus meurtrière de la seconde Intifada. Son film Jenin, Jenin porte la parole brute des habitants du camp. « C’était mon choix ». Cela lui vaudra la censure de son film et saisie des copies, des procès, des insultes et des frais de justices très lourds. Mais Jenin, Jenin continue d’être vu dans le monde entier. Il réalise ensuite deux autres films Depuis que tu n’es plus là (2005) et Zahra (2009). Il continue de se produire dans des théâtres palestiniens en Israël, avec Al Moutashael, son one-man-show créé en 1986.
La Berlinale 2010 décide d’honorer Mohammed Bakri du Prix de la Libre Parole.
En 2023, alors que le camp de Jénine est une fois de plus écrasé, il revient pour recueillir à nouveau le témoignage de ses habitant·e·s. C’est Janin, Jenin.
« La situation, ici, m’a malheureusement condamné à l’engagement politique dans mes choix professionnels ».